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Séparation

Il arrive un moment où elle devient inéluctable; lorsque deux chemins à force de s’emmêler se séparent, lorsque les rêves se conjuguent au singulier, lorsque l’envie vous a quitté alors il est temps.

L’idée, le besoin ne vous tombe pas dessus comme l’orage, une petite bruine s’installe, vous la remarquez à peine, peu à peu elle imprègne tous vos vêtements, vous traverse la peau pour être omniprésente.

Vous vivez avec, presque sans vous en rendre compte et pourtant le mal est bien présent, au moindre refroidissement vous toussez, lorsque le soleil ré apparaît vous pensez être guérit, mais il n’en est rien, vous rechutez inexorablement.

Le mal est là, sans nom, sous-jacent, discret, mais bien présent. Il pollue vos jours, vos nuits, vos rêves.

Et puis un jour vous comprenez, tout s’éclaire, tout prend un sens.

Cette boule au ventre en rentrant à la maison, ces couchés de plus en plus tardifs et décalés, ces envies d’inconnues, ces colères irrationnel, ces envies de voyages d’affaires, d’autres horizons.

La réalité vous rattrape, et vous soulage presque, le mal à un nom.

Mais là encore rien n’est fait, ou presque.

Est-ce moi, est-ce elle ?

Faut-il reconstruire ? et si oui comment?

Faut-il mettre la clef sous la porte ?

Faut-il faire comme de si rien n’était?

La faute à pas de chance, tu as évolué, elle a évolué, façonnés par la vie, par vos rencontres, vos succès, vos échecs, communs ou non.

Parfois les évolutions sont parallèles, parfois orthogonale, parfois légèrement décalées, mais toujours bien réelles.

Que vous restent-ils ?

Vos visions, vos envies de futur sont les mêmes, c’est un bon départ. Elle ne le sont plus, c’est l’heure du départ.

Vos valeurs sont les mêmes, vous avez gagnés, elles ne le sont plus toutes, cela va être difficile, elles sont différentes, la guerre est perdue.

Je suis dans ce cas, je veux un futur de découverte des autres, d’émotions, de protections et développement de mes enfants, de simplicité, elle veut la performance individuelle, l’exploit, le confort, une maison, un statut et la famille.

Je crois en l’écoute, la confiance, la diversité, la famille, le sport,  elle est sur le contrôle, la rigidité, la famille et le sport.

Les écarts sont palpables, tous les jours, ils vous blessent, augmentent la fracture.

L’état des lieux est fait, maintenant il faut se décider et agir.

Reconstruire sur des bases devenues si différentes est plus qu’improbable

Le status quo n’a pas lieu d’être, tous en souffre, de plus en plus.

Reste la séparation. Facile à dire, plus dure à mettre en oeuvre.

Il faut tout d’abord faire le deuil de la situation actuelle, du confort, des habitudes qu’elle apporte.

Il faut accepter de sauter dans l’inconnu, où vais-je loger ? Comment le partage du temps avec les enfants, vont-ils comprendre, accepter? Qui les amis vont-ils suivre ? comment allons-nous être jugés?

Beaucoup de questions et pas de réponses.

Puis il faut prendre son courage à deux mains et annoncer la nouvelle à son partenaire, expliquer, sans relâche, ferme et doux. Ce n’est pas de sa faute, ce n’est pas de la votre mais c’est ainsi.

L’étape est difficile, mais c’est aussi un soulagement! Ne plus vivre dans le déni, dans le mensonge, dans les faux semblants, accepter la situation telle qu’elle est réellement.

C’est dur pour son partenaire, très dur. Le cheminement que vous avez suivi depuis plusieurs semaines, ou mois ne peut-être parcouru en quelques minutes ou quelques heures, il va falloir qu’il accepte, qu’il comprenne, qu’il fasse son deuil pour aussi repartir.

Il faut aussi annoncer la nouvelle aux enfants, aux parents, aux amis. Pas facile, mais plus qu’il n’y paraît.
Beaucoup s’en sont rendu compte avant vous, certes il y a de la déception, mas pas vraiment de surprise.
Les vrais amis sortent aussi du lot, ceux qui vous tendent la main, vous aident à vous reconstruire, à repartir.

Car après tout tel est le but, sortir de l’impasse dans laquelle vous étiez pour repartir sereinement sur le chemin de la vie!

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